Compte-rendu des archéologues d'Ile-de-France, semaine du 30 juin
Le 2 juillet 2003
Urgent
Demain, vendredi 4 juillet, la réforme de loi passe bien à l'Assemblée (elle est inscrite aux ordres du jour du matin, de l'après-midi et du soir). Se montrer présent dans l'hémicycle montrant notre mobilisation (il y aura apparemment une commission mixte paritaire après pour statuer), appel aux bonnes volontés pour venir avec sa carte d'identité, dès 9h00 pour la séance de 9h30 (10 places minimum sans invitation), ou dès 13h00 ou 13h30 pour l'après-midi. S'il y a séance le soir, il faut y être à 21h00.
Normalement, pour la convocation de notre président du lundi 7 juillet, il serait de bon ton que nous nous accordions sur notre attitude, puisque nous avons les premiers échos de son début de tournée des popotes (Bordeaux: il ne répond à aucune question embarrassante, s'abritant derrière son devoir de réserve) (et si on ne s'accorde pas avant d'entrer dans la salle, ça peut tourner vite à l'orage). Rendez-vous 1h30 avant, à 12h30, à Michelet (s'il fait beau, pique nique dans le parc, avec votre pique-nique pour qu'on puisse se mettre d'accord entre nous sur l'attitude à adopter et les points que nous voulons voir aborder lors de cette grande messe officielle.
Une suggestion des irréductibles: venez avec votre t-shirt "irréductible" et les accessoires que vous voulez (panneaux, banderoles-reliques).
Ce même lundi 7, il y a un RdV avec le député UMP de Provins, Ghislain "Bray" (16h00 au 4, rue Hugues Legrand à Provins). Il fait partie de la commission culture et il est conseiller municipal de Provins, cette ville est un haut lieu patrimonial, RdV important. On cherche des volontaires, qui voudraient bien écourter leur entrevue avec Demoule.
Appel à une action la semaine prochaine, en soirée, pour en savoir plus et s'inscrire, contacter Nicolas Thomas au 0683342370.
Comptes-rendus de la semaine
Le lundi 2 juin, la chorale aura permis à M.Gremetz (PC), François Dutoit, Noël Mamère (Verts), Michel Françaix et Yvette Roudy (PS), Martine Billard de venir nous apporter leur soutien. Voir le compte-rendu de l'intersyndicale sur les entrevues obtenues.
Même si, venant de loin ou non, nous aurions voulu une action plus forte ce jour-là, nous n'étions pas assez nombreux pour effectuer l'action prévue, d'après l'Intersyndicale.
Aussi, la chorale en interprofessionnel a eu tout de même le mérite de fonctionner.
Relayés par la sono de la CGT, nous avons pu nous faire entendre de façon honorable, pour des non-professionnels.
Nous en avons eu un écho sur TF1, qui l'a associé à la mobilisation des intermittents. Leur présence, ainsi que celle d'enseignants est un élément important pour l'avenir de la lutte.
Comme les professionnels du spectacle ont pu rencontrer des députés lors de notre action, des archéologues ont été invités à participer à une assemblée générale le soir même à la Villette. L'accueil des intermittents a été bon, des contacts sont noués. Il faut savoir qu'ils sont partis pour au moins un mois de lutte. Il leur a été proposé l'action du 14 juillet ainsi qu'une autre action la semaine prochaine (cf. supra).
Côté action, les intermittents ne sont pas en reste, ils sont nombreux et leurs actions font mouche. Aux Champs Elysées, trouble de la première des "drôles de dames" à l'UGC.
Ils sont partis pour un combat assez long (au moins un mois), car l'agrément du ministre doit passer au Journal Officiel. Ensuite, le texte doit passer devant une commission qui peut se réunir en urgence ou sinon en octobre.
Ils ont un lieu permanent de rencontre octroyé par la mairie de Paris dans le 11e arrt.
Nous avons de notre côté repris (presque) tous le travail (il faut bien assurer les derniers RdV élus, le bouclage de la grève et prévoir déjà les actions à venir à plus ou moins long terme). Mais attention, si nous méritons un peu de repos, rien n'est fini. Il faut voir quels seront les derniers amendements retenus par l'Assemblée et la commission paritaire, quels seront les décrets…
Pour cela, les collègues de région Centre nous invitent dans leurs locaux le mercredi 9 juillet (hall de l'auditorium du BRGM, voir leur appel).
Sinon, on peut prendre date pour le 14 juillet à Paris, pour une contre-manifestation en bonnet phrygien (Attac ferait un pique-nique).
De toute façon, il ne faudra pas laisser les journées du Patrimoine (et donc bien les préparer et que chacun y participe, de différentes manières…).
L'organisation de collèges chargés de surveiller par région la non-destruction des sites est à l'ordre du jour, les suggestions sont les bienvenues.
Voici enfin les derniers résultats des entrevues avec des élus. EN DOCUMENT JOINT (pour les mails), les notes de synthèse donnée lors des deux entrevues élus (Beaudouin et Myard).
Compte-rendu de l'entretien, avec Monsieur Patrick Beaudouin député-maire de Saint-Mandé (Val-de-Marne), Commission des affaires culturelles, familiales et sociales), UMP.
L'entretien, obtenu par Véronique Pissot, a eu lieu le 1erjuillet dans un bureau de l'Assemblée Nationale. Étaient présents : Marif Gleizes (SRA), Matthieu Gaultier (SDAVO), Jean-Michel Morin (INRAP), Sylvie Serre (INRAP), Emmanuelle du Bouëtiez (INRAP).
Monsieur Beaudouin a précisé d'emblée qu'il n'était pas spécialiste de l'archéologie, mais qu'il s'était penché sur le sujet avant de nous recevoir.
Le premier point abordé, car selon nous le plus important, est le problème de la maîtrise d'ouvrage archéologique donnée aux aménageurs et l'entrée de l'archéologie dans le champ de la concurrence. L'aménageur choisira de façon certaine le moins-disant. Pour notre interlocuteur, il ne s'agit pas de privatisation car les opérateurs seront sous le contrôle de l'État (argument choc du rapporteur de la commission, M. Herbillon). Nous avons réfuté cet argument : l'État ne peut pas tout contrôler, l'archéologie est une science irréversible, calquer l'archéologie sur le modèle des entreprises de restaurations de Monuments Historiques ne nous semble absolument pas pertinent.
L'existence de petits opérateurs ne va pas dans le sens d'une recherche scientifique de qualité (peu de moyens scientifiques, formation permanente du personnel peu probable, emplois précaires…). L'exemple des pays étrangers en particulier la Grande-Bretagne est éloquent. Or on s'engage exactement dans cette voie aujourd'hui dénoncée par le Parlement britannique. Les archéologues ne s'opposent pas à l'existence de divers opérateurs (cela existe déjà actuellement), mais estiment qu'il faut travailler dans un système qui favorise la collaboration et la complémentarité et non la concurrence. Actuellement la collaboration se fait le plus souvent de façon satisfaisante. Des conventions sont régulièrement passées entre l'INRAP et d'autres institutions.
Selon nous ce qui est particulièrement préjudiciable à notre activité de recherche, c'est que le projet de loi rompt une chaîne opératoire en donnant la possibilité à plusieurs opérateurs d'intervenir au cours des différentes phases d'une même opération. Ce système est incompatible avec un travail scientifique comme le nôtre.
M. Beaudouin est député dans le Val-de-Marne, il nous a demandé notre sentiment sur le service archéologique de son département ……
Concernant les collectivités territoriales nous avons expliqué qu'elles existaient actuellement sur la base du volontariat (ce qui a semblé surprendre notre interlocuteur), que leurs objectifs en matière d'archéologie ainsi que leurs moyens financiers et humains étaient très divers. Si leur rôle devait s'accroître, le problème de leurs moyens se posera inévitablement.
Notre interlocuteur a souligné que l'INRAP était fortement déficitaire et qu'il fallait y remédier. Nous avons répondu que nous sommes parfaitement conscients de ce dysfonctionnement d'autant que le système est injuste (inégalité rural/urbain) et qu'il nous pénalise également. Nous avons tenu à préciser que si l'INRAP était si déficitaire c'est en grande partie à cause de l'exonération étendue de façon inappropriée aux lotisseurs et au vote par le Parlement, en décembre dernier, de la diminution de la redevance de 25 %. Nous avons exprimé notre regret que le projet de loi ne se fonde sur aucun bilan financier sérieux (l'expérience a été de trop courte durée) et que les propositions faites pour le nouveau calcul de la redevance ne repose sur aucune projection ou simulation. La réforme nous semble beaucoup trop précipitée.
Pour conclure cette entrevue M. Beaudouin nous a demandé de "résumer" les points forts de notre intervention.
L'entretien a duré 1h. M. Beaudouin était demandeur d'informations, il s'est montré réceptif à nos arguments. Il a pris des notes. Le dialogue a pu s'instaurer. Nous lui avons remis un dossier de presse actualisé. Il nous a demandé de lui faxer une note sur nos objections à la loi, note qu'il transmettrait dès le lendemain à M. Herbillon, rapporteur du projet. Nous avons confirmation qu'il a effectivement remis notre note à M.Herbillon.
La présence autour de la table d'archéologues de plusieurs institutions (SRA, collectivité, INRAP) a permis de montrer, d'une part que l'on parlait d'une même voix, d'autre part que la collaboration était effective et souhaitée (l'INRAP n'est pas omnipotent et n'a pas le monopole).
Pantin, le 3 juillet
Petite annonce : Si quelqu'un a un contact avec la confédération paysanne, contacter Henri-Georges Natton.