
Une tournée présidentielle
La liquidation de la loi du 17 janvier 2003 n’est pas encore votée que le Ministère de la Culture envoi la Direction de l’Inrap au charbon pour porter la bonne parole.
Comme l’a précisé, la Directrice Générale de l’Inrap, au CTP du 1 juillet : ce n’est pas elle qui se tapera le marché aux tomates auprès des personnels mais le Président. Et pourtant la Direction Générale de l’Inrap porte une lourde responsabilité dans cette affaire. Dés la mission de préfiguration de l’EPA, mais aussi tout le long de l’exercice de l’Inrap, la direction s’est farouchement opposée à toute modification de l’organisation des opérations d’interventions archéologiques issues de l’Afan. Alors même que le changement de statut en établissement public administratif de Recherche, impliquait de mettre au cœur de l’organisation de l’Institut les aspects scientifiques et les personnels en charge de cette mission, la direction s’est échinée à construire une usine à gaz administrativo-financière ultra-centralisée tournée contre les personnels. Le complexe gazier n’a pas tardé à produire ses effets :
- pesanteur sur tous les aspects de gestion technique et financière des opérations de terrains et des opération administratives (pas d’ordre de mission permanent, opacité pour les personnels administratifs des circuits de traitement des dossiers, pas de délégation de pouvoir au niveau local, etc. … )
- Direction Scientifique et Technique déconnectée des équipes scientifiques en charge des missions premières de l’Institut (mise en évidence et sauvegarde des informations archéologique)
- renforcement des prérogatives des Directeurs administratifs interrégionaux confortant la distance entre l’Inrap et les Services Régionaux de l’Archéologie de l’Etat et entre l’Inrap et les aménageurs locaux rendant l’organisation de l’Inrap totalement opaque pour les personnes extérieures
- mise sous tutelle administrative des AST et des personnelles ingénieurs techniciens par les Directeurs administratifs Inter-régionaux empêchant toute constitution d’équipe scientifique stable et cohérente au niveau régionale, limitant ainsi la capacité de réactivité des personnels sur le terrain
- volonté farouche d’empêcher depuis des mois la mise en place des structures paritaires régionales (CTP et CHS) rendant impossible toute résolution locale des problèmes de gestion, de condition de travail et d’organisation des services et mettant en danger les personnels sur toutes les questions d’Hygiène et Sécurité
- même volonté farouche et pour les mêmes raisons d’empêcher les personnels d’accéder partout et dans les mêmes conditions au niveau régional aux droits syndicaux par défiance totale de la Direction Générale et des DIR vis-à-vis des agents de l’Inrap.
Au contraire, les mois et les semaines de lutte des agents de l’Inrap en mouvement contre la liquidation de l’archéologie préventive, ont montré :
- leur volonté farouche de mettre en avant les missions scientifiques qui leur avaient été confiées par la loi du 17 janvier 2001
- leur capacité de construire des liens avec non seulement tous les acteurs de l’activité scientifique en archéologie : SRA, service de collectivité, laboratoires du CNRS et de l’Université mais aussi avec les élus locaux
- leur haut degré de responsabilité et d’initiative scientifique quant à faire des choix d’organisation des opérations d’intervention dans des situations dramatiques
L’incurie manifeste de la Direction générale de l’Inrap n’est plus de mise. Aujourd’hui les personnels de l’Inrap demandent des comptes et constatant l’impossibilité de gestion scientifique de l’activité archéologique au niveau interrégional alors même qu’il existe des personnels de direction scientifique dans chacune des régions mais sans aucun pouvoir décisionnel (AST), l’absence de politique constructive de formation et de partenariat, ils réclament auprès du Président de l’Inrap :
- un organigramme plaçant la direction scientifique (Président, DST, AST, personnel Ingénieur Technicien) en pivot de l’organisation de l’INRAP
- pour l’activité archéologique, l’abandon de l’échelon interrégional au profit des postes de Directeurs scientifiques régionaux qui auraient, outre la mission et la volonté, la compétence de mettre en œuvre une véritable gestion scientifique de l’archéologie
- la participation des agents de chaque région dans l’organisation régionale du travail scientifique et technique quelque soit le cadre législatif,
- l’embauche rapide du personnel nécessaire à la réalisation des missions scientifiques de l’Inrap et la levée immédiate du gel des postes vacant
- la création de CTP et de CHS régionaux
- l’accès aux droits syndicaux dans chacune des régions.
2 juillet 2003