BOURGOGNE - Grève - suite JOURNAL DE BORD

 

Mardi 27 mai

Des archéologues de l’INRAP, des agents des services régionaux de l’archéologie de Bourgogne, des étudiants en archéologie et des membres de l’UMR 5594 (CNRS et Université) ont participé à la manifestation interprofessionnelle qui s’opposait aux projets gouvernementaux.

Comme à chaque défilé, le contact établi avec les différents personnels en grève lors de la distribution de tracts et la signature de pétitions, confirme la popularité de notre combat.

 

Mercredi 28 mai

Le jour des enfants : atelier reprographie et pliage de tracts pour les petites mains, et pendant ce temps-là poursuite de la prise de contact avec les élus (pour les grosses pattes velues).

Parution de deux articles exposant nos problèmes, dans la presse régionale : Le Journal du Centre et l’Yonne Républicaine.

 

Jeudi 29 mai

Le Panda arrête de fumer à 11 h 58 m 24 s (tout le monde s’en fout, mais bon…) (Non, non ! Panda, on te soutient !!!!)

 

Vendredi 30 mai

Tout le monde s’est octroyé un long week-end de repos, un regret : les assises nationales !

Pendant ce temps, le projet de loi est enfin déposé, ce n'est pas tout à fait la version que nous avions eue par les CRA... Il va falloir mettre à jour les dossiers !

Une lettre d'information aux élus locaux a été largement diffusée par fax dans les communes bourguignonnes (voir doc. joint). Plus de 1000 mairies ont ainsi été informées de notre situation.

 

Lundi 02 juin

Une délégation de bourguignons (7 personnes) s’est rendue à Paris pour prêter main-forte aux collègues parisiens dans leurs multiples actions de la journée ; tandis que 3 valeureux bourguignons se joignaient aux résistants de Labadix (Toulouse).

Rendez-vous avec Didier Mathus (PS) député-maire de Montceau-Les-Mines (71 : Saône-et-Loire) : entrevue positive (1h environ) au cours de laquelle il reconnaît l’absurdité du projet de loi. Il souligne la nécessité de préserver le patrimoine archéologique qui ne peut en aucun cas être livré à la concurrence commerciale. Lui-même étant spécialiste des problèmes audiovisuels, il s’engage à contacter la personne suivant le dossier "archéologie" au parti socialiste.

 

Mardi 03 juin

Rendez-vous avec Gérard Voisin (UMP) député de Saône-et-Loire (71) : la meilleure entrevue à ce jour. En fait, nous avons eu une réunion de travail pendant 2 heures et demie avec son attaché parlementaire (nous avons même beaucoup parlé de science, de l’archéologie du diagnostic à la publication, rapports de fouille et livres d’histoire à l’appui !). Celui-ci s’est montré attentif et ouvert, totalement favorable à notre égard, c’est-à-dire clairement, contre le projet de loi sous sa forme actuelle, contre la mise en concurrence des fouilles, et pour un financement par mutualisation. Au cours de la conversation, le député nous a téléphoné depuis Paris, pour nous assurer de son total soutien.

Son attaché nous a proposé de reprendre pour base de discussion la conclusion de la lettre que nous avions envoyée en mai à tous les parlementaires et à d’autres élus de la région. Soit les 4 points suivants :

- que l’archéologie préventive soit assurée par des organismes publics sous le contrôle de l’état ;

- qu’il y ait une véritable concertation entre tous les acteurs de l’archéologie nationale, pour améliorer le système de la loi de 2001 et non le détruire comme c’est le cas aujourd’hui ;

- que soit retiré l’amendement Garrigue et que soit rééquilibré le financement selon un principe de mutualisation ;

- qu’on réintègre immédiatement l’ensemble du personnel et qu’on mette en place une politique cohérente de formation / intégration.

Rendez-vous avec Alain Suguenot (UMP) député-maire de Beaune (21  : Côte-d’Or) : entrevue positive : il se dit contre la négociation au coup par coup de type AFAN et pense qu’il faut réformer le mode de financement actuellement inscrit dans la loi de 2001.

Il défend également l’idée que si l’archéologie s’inscrit dans la notion d’un patrimoine pour tous, il faut par conséquent que la recherche ne soit pas uniquement financée par les aménageurs qui paient pour l’archéologie sur des projets particuliers. Un financement plus large lui paraît nécessaire.

Il a suggéré l’idée d’un financement par l’état (50 % de subventions de type M.H.), ce qui dans le contexte actuel ne paraît pas réaliste. Tout comme Gérard Voisin, il est apparu favorable à l’idée d’une mutualisation.

Participation à la manifestation dijonnaise très largement suivie par différents secteurs professionnels.

 

Mercredi 04 juin

Les valeureux bourguignons de Labadix n'ont toujours pas été délogés par la police ...

Appel téléphonique, depuis Paris, de Louis de Broissia, sénateur UMP et président du conseil général de Côte-d’Or (21) : aménageur du site d'Alesia (si, si, celui de 52 av., avec César et tout et tout ...), il ne pouvait qu'être sensible à l'archéologie. Pourtant le coût et les délais de l'Afan / INRAP ne lui ont pas donné satisfaction, sans parler du rendu ... Cependant sensible à notre discours, il ne s'est pas opposé à l'idée d'une mutualisation, si la compétence et la qualité sont au rendez-vous.

 

Jeudi 05 juin 03

Rendez-vous avec Robert Rolland, maire de Cluny (71), président de l’association des maires de Saône-et-Loire (UMP, également suppléant du député Gérard Voisin) : entrevue positive : il s’est déclaré d’emblée pour un financement par une taxe sur les permis de construire, et déteste l’idée que les petites communes doivent payer plein pot pour leurs travaux, et celle qu’il lui faudra passer des appels d’offre pour les fouilles. Quant à la décentralisation, que voulez-vous qu’une petite commune (4000 hab.), même associée avec sa périphérie (rurale) dans le cadre d’une intercommunalité, aille embaucher un archéologue ! Il est contre la mise en concurrence de l’archéologie, estimant que " ce n’est pas une marchandise ", que c’est, à l’évidence, une activité non rentable, et qu’il s’agit en fait de " recherche fondamentale" . Normalement, c’est par excellence, dit-il, une activité qui relève du " domaine régalien de l’état ".

Il assistera vendredi soir (6 juin) à une réunion des élus UMP du département, et nous assure qu’il leur parlera d’archéologie et saura les "secouer". Et il tâche de nous trouver d’autres rendez-vous : devant nous, il a directement appelé pour que nous en ayons un au plus vite avec M. Emorine, sénateur UMP, en insistant bien sur le fait que, une fois de plus ce projet de loi se fait sur le dos des petites communes (Nota : M. Emorine avait refusé de nous recevoir ; mais M. Rolland nous assure qu’il va le faire changer d’avis : les sénateurs l’écoutent, paraît-il …). Affaire à suivre …

Rendez-vous avec François Sauvadet (UDF), député-maire de Vitteaux (21 : Côte d’Or) : entrevue en demi-teinte. En effet, s'il n'est pas opposé à l'idée de mutualisation qui améliorerait la loi de 2001 et ses redevances qui ne fonctionnent pas correctement, il a tenu à évoquer le problème des délais et de la capacité d'intervention de l'INRAP. Un nombre plus grand d'intervenants (collectivités et autres...) semble lui tenir à cśur, avec bien-sûr un contrôle fort de l'Etat et avec des agréments sérieux (on peut toujours y croire !!). Pas tout à fait informé du fonctionnement global de l'archéologie préventive, il semble vouloir se lancer (dans le cadre de son groupe parlementaire) dans une vaste réflexion de fond (bon courage !!).

 

Conclusion : après la rencontre d’une vingtaine d’élus, députés, sénateur, et maires ou adjoints : la plupart d’entre eux, et notamment 7 élus UMP sur les 8 rencontrés, sont favorables à un financement par mutualisation, et sont franchement contre la mise en concurrence, ou au moins, gênés par l’idée d’un " marché de l’archéologie ". Les petites communes se sentent peut-être les plus menacées par le projet de loi actuel, et pas très charmées à l’idée de devoir passer des appels d’offre pour les fouilles. Les articles d’A.-M. Romero dans le Figaro ont un fort impact sur les députés de droite…

 

 

À la Saint Norbert, on est toujours en guerre

À la Saint Hervé, le siège est occupé ...