Grève nationale des archéologues
Collectif des archéologues de l’interrégion Centre/Ile-de-France
ASSEMBLÉE GENERALE INTERRÉGIONALE
Pantin-Orléans, le 12 juin 2003
Compte-rendu
Les archéologues de l’interrégion CIF se sont réunis ce jour en assemblée générale interrégionale à Paris et à Orléans, à la même heure, en suivant le même ordre du jour et en restant en contact téléphonique durant la réunion. Pour éviter les redondances, nous n'avons fait qu'un seul compte-rendu en spécifiant les particularités propres à chaque région.
A l’issue de cette réunion, les résultats des votes, notamment en ce qui concerne les moyens d’actions, ont été comptabilisés au niveau interrégional : une première chez nous !
Personnes présentes :
Ile-de-France : 64 agents Inrap des bases de Pantin et Croissy (administratifs et opérationnels)
Centre : 43 agents de l’Inrap des bases de Chartres, de Tours et d’Orléans (administratifs et opérationnels), 6 agents du SRA et 4 étudiants.
Etat des lieux : la grogne interprofessionnelle
Un premier bilan a été dressé sur le mouvement national interprofessionnel et les avancées obtenues. Comme dans d’autres régions nous sommes présents dans les AG interprofessionnelles où les motions concernant l’archéologie préventive, avec la demande de retrait du projet de loi, sont reprises dans les communiqués. Nous bénéficions d’un soutien croissant des intermittents du spectacle et des profs qui nous invitent dans leurs actions. Toutes les manifestations régionales organisées en interprofessionnelle comportent un cortège archéo. En revanche, on reste sur notre faim quant à la réalité d’une grève générale qui se fait attendre en dépit de la mobilisation de la France d’en bas.
On a conscience de n’être qu’une petite facette du projet global de l’AGCS qui vise au démantèlement intégral du service public. A cet effet, une délégation d’entre nous travaille en coordination avec ATTAC (contact pour info : Fred Champagne, base de Tours).
La réforme
Une délégation (inter institutionnelle) a rencontré des sénateurs socialistes et vert qu'elle a trouvé défaitistes. Pour la maîtrise d’ouvrage confiée à l’aménageur, les sénateurs conviennent qu’il s’agit là du problème principal de la loi. Ils semblent avoir la certitude qu’il y aura une majorité pour conserver le cœur de ce dispositif et qu’il ne pourra être contourné par des amendements. De manière informelle, les sénateurs nous ont rappelé que le projet de loi était sous-tendu par la démarche libérale du gouvernement actuel (ouverture au marché, réduction du budget de l’État, déconcentration, …). Les adversaires de l’archéologie préventive sont nombreux parmi les élus de tous bords, particulièrement à l’Assemblée Nationale. Les sénateurs rencontrés semblent conscients des conséquences néfastes du projet de loi actuel mais craignent un durcissement au cours des débats à la chambre des députés. Les sénateurs PS sont resté silencieux sur leurs éventuelles propositions d’amendements et nous ont implicitement renvoyés à la prochaine échéance électorale !!!
D'autres élus UMP ont été contactés par des agents d’Ile-de-France, M. Arthur Dehaine (UMP), maire de Senlis (très favorable à la concurrence…) et M Woerth, député de l’Oise (il pense que le projet n'est pas forcément bon)
En région Centre, le point a été fait sur les résultats des entrevues de l’intersyndicale avec les représentants des groupes parlementaires du Sénat et de l’Assemblée Nationale et des conclusions de l’entretien avec J. Legendre rapporteur du projet de loi au Sénat. Ce dernier accepte surtout des amendements techniques mais reste inaccessible pour tout débat de fond sur les incidences d’une privatisation et le problème de la maîtrise d’ouvrage. Les amendements proposés dans le rapport de J. Legendre, disponibles sur le site du Sénat, montrent que le combat est loin d’être achevé.
La CGT et la FSU ont proposé des amendements de retrait ou de modifications de plusieurs articles au groupe parlementaire PC qui s’est engagé à les présenter. Cet après-midi, les membres de l’intersyndicale étaient reçus par le groupe RDSE (radicaux, divers plutôt de gauche) qui envisage de présenter si ce n’est une motion d’irrecevabilité en tout cas plusieurs amendements dans notre sens.
Vendredi 13 juin : les membres de l’intersyndicale rencontre le groupe centriste du Sénat. Rappelons que la sénateur centriste de Blois (41) a reçu une délégation Inrap/SRA la semaine dernière. Au cours de cette entrevue, elle s’est notablement démarqué des positions du gouvernement, surtout en ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage et le financement des opérations archéologiques.
Bilan et information des dernières actions réalisées
Point d'info à Pantin sur la demande d'embauche des CDD faite pour le site du Quai Branly. Les CDD concernés sont ceux qui avaient travaillé sur la première phase de fouille.
Compte-rendu de l’action nationale menée à Poitiers le 11 juin et surtout de sa très bonne couverture médiatique : la Une des quotidiens régionaux, 5mn sur FR3 région avec projet de diffusion du reportage au niveau national et relais sur FR2.
Tour de France des interrégions : mode d’occupation des DIR, mobilisation des agents, réalité du blocage de l’activité. Pour mémoire, presque toutes les DIR sont occupées (seule la DIR grand-est nord manque à l’appel). La plus grande partie d’entre elles le sont en mode filtrant, c’est-à-dire qu’on laisse passer tout ce qui à trait à la gestion du personnel, qu’on envoie les conventions aux aménageurs sans date assorties d’un courrier explicatif et qu’on empêche au mieux tout démarrage de chantier. Dans plusieurs DIR, les administratifs se sont mis en grève d’eux même. En ce qui concerne l’activité de terrain : la réalisation des diagnostics semble n’être maintenue qu’en Lorraine. Les chantiers de fouille sont dans leur très grande majorité bloqués : reste les irréductibles (pas les gaulois, les autres !) et les quelques chantiers qui relèvent de situations locales ou scientifiques particulières.
À l’occasion de ce tour de France, les personnes présentes à l’AG de Pantin ont constaté que la DIR CIF relevait d’un cas particulier, lié d’une part à sa proximité avec le siège et d’autre part à son encadrement. Ce problème d’encadrement, qui existe depuis sa création en 1993 sous statut AFAN, a par ailleurs été largement débattu au cours de l’AG.
Portée du mouvement
Examen de l’incidence du blocage de l’activité archéologique (personnel en grève et occupation des DIR). Contacts téléphoniques réguliers à la DIR CIF avec les aménageurs qui appellent pour avoir des nouvelles sur le démarrage éventuel de leur chantier. En revanche, peu de contact encore avec les élus à qui nous avons envoyé les lettres d’informations. Le résultat des deux mois de blocage commence seulement à se faire sentir. Considérant le calendrier actuel d’examen du projet de loi au sénat, il ne faut pas réduire nos efforts.
C’est maintenant encore plus qu’hier qu’il faut afficher notre détermination.
L'assemblée générale d’ile-de-France a convenu en effet qu'il fallait augmenter la pression.
MISE AU VOTE DE LA RECONDUCTION DU MOUVEMENT
Jusqu’au 18/06/03
Pour le principe d’une reconduction du mouvement de grève, toutes tendances confondues
(grève totale et grève perlée)
|
POUR |
CONTRE |
ABST. |
|
|
Ile-de-France |
57 |
0 |
7 |
|
Centre |
39 |
0 |
8 |
|
TOTAL |
96 |
0 |
15 |
reconduction du mouvement à la majorité des voix
Les moyens d’actions
Occupation de la DIR CIF
Après un rappel sur la manière dont on a occupé la DIR durant les 5 dernières semaines, sur l’efficacité du filtrage et sur le nombre nécessaire de volontaires pour assurer le filtrage, trois options ont été mises au vote.
Option n°1 : Arrêt de l’occupation de la DIR
arguments : parce que le filtrage a été ponctuellement contourné par l’entremise du siège, parce que certains ne pensent pas que cela soit très utile, parce que d’autres pensent que ça fait trop d’énergie mobilisée pour pas grand chose.
|
Nb voix |
|
|
Pantin |
0 |
|
Orléans |
3 |
|
Total |
3 |
Option n°2 : maintien du filtrage
arguments : parce qu’en dépit des quelques loupés, l’activité est très sérieusement ralentie, voire bloquée. L’objectif est donc atteint. Au vu du calendrier parlementaire, il faut maintenir la pression et resserrer un peu plus les mailles du filet.
|
Nb voix |
|
|
Pantin |
18 |
|
Orléans |
10 |
|
Total |
28 |
Option n°3 : blocage total
Arguments : parce que la pression est de plus en forte, des deux côtés de la barrière, parce que c’est le moment de garantir l’efficacité maximale du blocage de l’activité, sachant que ce blocage entrave le travail de préfiguration engagé par le siège, dans la perspective du changement de statut de l’Inrap (Cf. ordre du jour Comité des DIR)
|
voix |
|
|
Pantin |
25 |
|
Orléans |
3 |
|
Total |
28 |
Abstentions :
Arguments : parce qu’on ne sait plus quoi en penser ou parce qu’on ne sera pas là dans les prochaines semaines
Vote : à Orléans :16 voix ; à Pantin : 15 dans le cas d’un blocage total et 22 pour le filtrage
Conclusions
Même si le mode d’occupation n’est pas tranché,
le principe de sa nécessité est acquis et reconduit.
Actions de la semaine du 16 au 20
Action en région :
Babaorum à Orléans, préfecture de région siège de la CIRA, le 16 juin
RdV 9h30 à la base d’Orléans (BRGM 02 38 64 46 10/12) ou 10h place de Gaulle
Action à Paris
Opération Kwaï à Paris le 16 juin
Participation à l'action nationale du 17 juin à Paris appelée par l'intersyndicale.
A force de nous chercher, nous les chercheurs,
ils vont finir par nous trouver, nous les déterminés.
MAINTENANT !